Lundi 28 juillet 2008
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22:59
Mes premiers jours au Parc Barbilla se sont très bien passés (du 18 juillet au 27), et je n'ai pas écrit depuis si longtemps car je n'ai tout simplement pas accès à
internet là-bas, c'est à peine si j'ai l'electricité pour faire tourner mon ordi et bosser!!
Mais commençons par le début. Vendredi 18 : Je pars au parc avec Linda et son mari Christian. La route de Turrialba (la ville où se trouve le CATIE où travaille et vit Linda) à Siquirres est
tout à fait correct, on ne met que 1h pour faire les 47 km, ce qui est un record au Costa Rica! Passé Siquirres, il ne reste que 20 km jusqu'au parc, mais ca se corse, car on sort de la
grande route pour prendre une petite route de terre qui serpente dans les montagnes et nous amène au hameau Las Brisas de Pacuarito. Le chemin est vraiment chaotique, et n'est pas
praticable sans 4 roues motrices d'autant plus que à mesure que l'on s'approche du parc, la proportion de cailloux diminue, et celle d'argile augmente. A vrai dire, conduire sur ce genre de route
super gadouilleuse demande beaucoup de technique!
Le panorama est magnifique, on voit par moment la plaine de Limon et l'océan Atlantique au loin. Les maisons de Las Brisas de Pacuarito sont très espacées les unes des autres, ce sont
pour la plupart des fermes qui élèvent ces drôles de vaches avec de grandes oreilles tombantes et de grandes cornes, une bosse sur le dos et la peau du cou qui pend beaucoup, et
qui sont en fait issues d'un croisement avec des buffles. Ce petit hameau semble assez pauvre, il n'y a pas de lignes électriques, les maisons sont faites en bois, et il n'y a pas de
voitures.
Nous arrivons finalement à la station des 3 gardiens du Parc, où une vue magnifique sur les imposantes montagnes boisées du Parc nous attend.
Le bâtiment est mignon, paraît grand et assez confortable. Il est surtout très ouvert avec ses petits couloirs ouverts qui mènent d'une pièce à
l'autre, et qui encadrent un joli petit patio. Je fqis connaissance avec Alfredo, l'un des garde qui me montre ma chambre, où il y a un petit lit et une armoire. Elle
sent assez le renfermé, n'a pas de lumière ni d'électricité, mais la pièce est claire et propre. Il paraît qu'Alfredo parle tout le temps (ce qui s'avère être plutôt vrai) et
est assez fatiguant. Mais il est sympa, même si j'ai du mal à le comprendre car il parle vite et mange ses mots.
Le directeur du Parc, Carlos arrive peu de temps après. Il a une bonne tête, une vraie tête de latino avec sa bedaine bien bombée! Le reste de la journée est consacré à une réunion de
travail avec Carlos et Linda.
Le lendemain, Linda, Christian et moi allons en cheval à l'école de la communauté Jamei kari, où les représentants des communautés indigènes voisines su parc font une réunion. Ils
font partie de l'ethnie des Cabécares et vivent dans la réserve indigène Nairi Awari. La proportion de femme m'étonne beaucoup : elles sont bien plus nombreuses que les hommes (les sociétés
cabécares sont matriarchale : traditionnellement ce sont les femmes les chefs!). La plupart sont venues avec leurs enfants qui jouent dehors pendant que nous interviewons les membres de la
réunion pour savoir ce qu'ils pensent du parc, leur problèmes socio économiques, culturels et environnementaux. Comme ils ont un projet d'etno tourisme, on leur demande quelques détails sur
la façon dont ils pourraient accueillir les touristes, mais ça ne semble pas être encore très clair pour eux. Ils manquent d'argent, les jeunes ont tendance à partir pour les
villes mais ils ne semblent pas souffrir de problèmes de drogue ou d'alcoholisme comme c'est souvent le cas des communautés indigènes où il n'y pas de perspectives de travail et
d'amélioration.
Ils semblent avoir perdu une assez grande partie de leur traditions d'après ce que nous ont dit les plus anciens.
Ce qui pourrait paraître étonnant pour un pur occidental avec ses fantasmes du "bon sauvage", c'est qu'ils étaient habillés "comme nous" et ne semblaient pas si différents hormis les
bottes de rigueur, leur petite taille et leur beaux traits indiens. C'est toujours très intéressants de voir qu'ils ont des différences de par leur culture, mais qu'en même temps
nous sommes basiquement tous des êtres humains : où est la frontière entre deux cultures?
Deux volontaires des Etats Unis qui leurs donnaient des cours d'anglais pour parler avec les touristes nous ont aidé à faire notre enquête : Cassie et Nick. Ils sont aussi rentrés avec
nous au Parc.
Ce soir-là, nous avons put voir une belle lune dorée au dessus des montagnes : c'était magnifique.
Dimanche, Linda et Christian sont rentrés chez eux, me laissant au Parc. Je suis allée au Rio Danta, à la limite du Parc avec Cassie et Nick. Ce n'était pas loin, peut-être à un
kilomètre. Mais le sentier est horrible : il est extrêmement pentu et totalement couvert d'argile. Ce qui fait que j'ai mis une heure pour remonter à la station du Parc. Le Rio Danta était
vraiment très beau et très propre, nous nous sommes un peu baigné et avons profité du soleil assez timide ici.
Lundi Carlos nous a emmené au Rio Barbilla dans le Parc par un sentier de la même trempe que le premier, quoique un peu moins pentu et gadouilleux. Après 3 h de marche et une rencontre
avec un grand serpent de type constrictor peu agressif, nous y étions. De l'autre côté de la rivière vit une famille indigène indépendante, un père et ses 4 fils, qui vivent de l'élevage de
leur porc et poules et de la culture de fruitiers et de maïs. Normalement, personne n'est sensé habiter dans un parc national au Costa Rica, mais ils font exception car ils sont
là depuis bien avant la création du Parc et pratique une agriculture à petite échelle, de subsistance. Nous les avons également interrogés pour notre enquête. Plus tard l'un des
fils est venus essayer de pêcher avec Carlos et Nick (on n'a rien pris!) pendant que Cassie et moi nous baignions dans les eaux bleues et potables du Rio Barbilla.
Nous avons campé près de la rivière et sommes rentrés le lendemain au Parc. J'ai plutôt mal dormi car j'étais à même le sol dans la tente et avais froid avec ma petite
couverture. Mais ce fut quand même une expédition mémorable.
Jusqu'à ce que je retourne chez Linda dimanche 27, je suis restée à la station du parc à travailler dans le bureau, à recenser les informations présentes sur le parc (qui est peu connu
et peu étudié en fait). Je suis allée continuer mon enquête dans la petite communauté proche du parc Tsini kicha. J'ai retrouvé certains de ses membres samedi soir, car nous
sommes allés (Carlos, Nick, Cassie, Giovanni le 3ème gardien et moi) à une fête organisée par un voisin pour les 5 ans de son fils. Les fêtes à la costa-ricenne changent un peu des nôtres :
les jeunes mâles ne dansent pas et les indigènes se sont assez peu mêlés aux "blancs", même si ils avaient l'air plutôt contents d'être là et de profiter des chicharones (viande de porc grillée,
très grasse...mais bonne!!), et de la "chicha" qu'ils avaient amenée (c'est la "bière" des cabécares).
J'ai put danser le meringue (une danse latino très populaire au costa Rica), et même un peu de salsa!
La plupart des hommes ont fini bien émmêchés, et Giovanni, qui nous avait conduit en voiture, n'a pas fait exception à la règle. Quand il est sobre, il bégaie, quand il est bourré, il
n'articule pas : c'est une sorte de purée incompréhensible pour un étranger qui sort de sa bouche. Il a quand même conduit jusqu'à la station (vu l'état de la route, il n'y avait pas de
grand danger car on ne peut guère rouler à plus de 30 km heure!) Il a quand même "foncé" dans le bord de la route à un moment et s'est trouvé embourbé. Du coup j'ai aidé à pousser la voiture
et me suis retrouvée maculée de boue!
Voilà, ca fait déjà pas mal de nouvelles, à dans 10 jours!