Samedi 18 octobre 2008 6 18 /10 /Oct /2008 21:46
Mercredi va avoir lieu le 3ème atelier d'élaboration du plan de gestion du Parc avec les représentants des comunautés locales indigènes, les fonctionnaires du ministère de l'environnement et d'autres acteurs locaux. Ca signifie beaucoup de travail pour préparer cette réunion : faire la présentation power point, faire des cartes du parcs, préparer des cartons pour l'atelier, contacter les gens pour les inviter... Mais c'est vraiment beau de voir les indigènes et les fonctionnaires travailler ensemble. Le principe de ces ateliers, c'est que Linda et moi fassions une présentation de l'avancée de l'élaboration du plan de gestion (la situation du parc, les menaces, les oportunitées, la situation des comunautés locales, etc...) puis nous leur expliquons le "travail" qu'ils auront à faire ensembles après. Aux deux dernières réunions, ils ont fait une analyse FODA (la liste des Forces, Oportunités, Faiblesses et Menaces pour le parc) et ils ont travaillés sur une zonification du Parc ( déterminer quel type de gestion se fera dans quelle zone du parc) par groupes de 4-5 personnes. Mercredi, ils vont proposer des stratégies et des actions pour la gestion du parc ces 10 prochaines années. Le but, c'est bien sûr de leur donner la possibilité de faire un plan de gestion qui soit adapté à leur problèmes et de recueillir de l'information que seuls les habitants ont, comme ils connaissent mieux que personne le lieu où ils vivent.

Comme le parc est pratiquement entouré de réserves indigènes (comprenez territoires appartenants aux indigènes, où s'applique la "loi Indigène", un peu comme dans un "sous-état", comme par exemple l'interdiction pour les non indigènes de chasser), et que ces communautés sont vraiment pauvres et manquent de ressources pour faire respecter leur territoire, ce qui a l'air de se dégager de ces réunions, c'est une volonté d'établir une coopération entre le parc et les Indigènes pour s'aider mutuellement.  Il faut dire que le ministère de l'environnement comme les autres instutions publiques dans le monde a de moins en moins de budget, donc le parc doit s'appuyer sur les communautés locales pour améliorer sa gestion. Et le parc et les réserves indigènes ont besoin de mieux proteger leur ressources : il semblerait qu'il y ait beaucoup de "chasse sportive" (par opposition à la chasse de subsistence nécessaire pour les indigènes) et de pêcheurs illégaux qui pêche à...la dynamite et au poison! Conséquence : l'eau est polluée et toute la vie aquatique détruite. Il semblerait aussi que le Traité de Libre Echange signé entre le Costa Rica et les Etats Unis il y a quelques mois  entraîne des changements dans les statuts des réserves indigènes, permettant à l'Etat d'y exploiter des ressources énergétiques. Tout ça sans concertation des citoyens indigènes. Ils ne représentent que 4% de la population du Costa Rica et comme ils vivent dans de petites communautés isolées dans les montagnes, souvent sans accès motorisé et de toute façon sans voitures ni service de bus adapté, il est très difficile pour eux de s'organiser au niveau national pour faire respecter leurs droits. 

Le gouvernement les aide cependant financièrement et en leur donnant des habits et de la nourriture, ce qui developpe chez certains blancs de gros préjugés envers les communautés indigènes du même type que les préjugés que beaucoup de français ont envers les chômeurs et les RMIstes. La plupart des communautés ont accès à une école où parfois la langue et la culture cabécares sont enseignées. Mais  rien de constructif qui leur permette de devenir vraiment autonome économiquement sans avoir à changer totalement leur mode de vie et à quitter leur communauté. L'effet pervers de cette aide, c'est qu'elle semble tout juste suffisante pour couvrir les besoins basiques (manger, s'habiller, avoir un toit), ce qui fait que certains arrêtent de pratiquer leur agriculture vivrière, et perdent ainsi leur savoir ancestral agricole, ce qui bien sûr les rend encore plus dépendants. En bref leur situation est difficile et complexe. Plus j'en apprends sur leur situation et plus je me rends compte à quel point il est difficile et il faut du temps pour mettre un terme à la souffrance et aux difficultés dont les agissements imbéciles et haineux du passé (des "conquistador") sont responsables.

En même temps, avant d'être les descendants d'un peuple et d'une culture maltraités, les Indigènes sont des hommes comme nous, et par  exemple on peut venir plein de bonne volonté leur proposer un projet de sauvegarde de leur médecine traditionnelle ou de contruction d'habitats traditionnels et on se rend compte qu'ils préfèrent utiliser nos médicaments et notre médecine et construire des maisons avec des toits en tôle plutôt qu'en feuilles sechées car c'est plus rapide et demande moins d'entretien! C'est pour ça que je pense que pour les aider, venant de l'extérieur, le mieux est d'appuyer des projets qui sont de leur initiative et pas de la nôtre, ou alors d'avoir pris le temps de découvrir en profondeur leur situation et surtout leurs aspirations réelles...
Par Jo
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Dimanche 5 octobre 2008 7 05 /10 /Oct /2008 18:06
Ces dernières semaines ont été vraiment chargées en boulot pour préparer la deuxième réunion sur le plan de gestion du parc, mais j'ai eu l'occasion de découvrir de nouveaux endroits.



Avec Christian et Linda, on est allée au Volcan Turrialba, car c'est un des parcs nationaux sur lesquels elle travaille. Pendant que Christian présentait le site internet qu'il avait fait pour le parc, Linda et moi nous somme balladées près du cratère.


Impressionnant toutes ce fumerolles de souffre! Si le temps avait été moins couvert, on aurait sans doute eu une très bonne vue sur l'ensemble du pays, car le volcan culmine à 3400 m environ!



Quelques jours après, nous sommes allés à une communauté qui s'appelle Valle Escondido ("valle cachée"). 5 amis du parc Barbilla nous ont accompagnés, dont Oscar, qui a pris pas moins de 1000 fotos pendant ces trois jours. Sven, un volontaire allemand qui est resté au parc pendant une vingtaine de jours est aussi venu, l'occasion de parler un peu allemand (c'est difficil tout ce mélange de langues!!). Alberto, notre guide de 13 ans, nous a amené également un cheval pour porter les tentes et la nourriture.



Après 7 h épuisantes de marche à travers la montagne, 3 rivières à traverser et au moins 600 m de denivelés dans les pattes, nous arrivons enfin, accueillis par les cochons, les vaches et les dindons.
Don Otilio, le plus âgé de cette petite communauté, nous accueille dans une palenque apparemment construite pour les visiteurs et les fêtes. Silke, une de nos accompagnateurs, est une amie de Don Otilio et sa femme, et parait vraiment contente de les revoir après tout ce temps. 



Le soir, j'en profite pour discuter un peu avec Don Otilio, qui me raconte alors son histoire incroyable : il y a 6 mois, il s'est fait piqué par un serpent à la jambe. Il a alors marché en direction de la prochaine ville, aidé par d'autres, pendant plusieurs heures. A l'hôpital,  le diagnostic des médecins est clair : il faut l'amputer de sa jambe! Don Otilio refuse, et est reconduit chez lui. Et là, avec l'aide du "chaman", il se soigne avec des plantes médicinales. Et maintenant il est tiré d'affaire, avec ses deux jambes....

Don Otilio et Sven, le volontaire allemand



  

Par Jo
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Vendredi 12 septembre 2008 5 12 /09 /Sep /2008 17:00
Il y a quelques jours a eu lieu a la station du parc Barbilla, une reunion  avec la comunaute  de Jamei Kari autour d'un projet de protection du jaguar, le plus gros predateur d'Amerique latine. Le probleme est le meme qu'avec le loup en France, il a tendance a manger les cochons des indigenes. Il semble que ca n'arrive pas tres souvent, mais comme ces  gens n'ont que quelques cochons, ca fait a chaque fois une grosse perte, du coup, ils tuent le jaguar quand ils en voient un.

La reunion portait donc sur le projet d'enfermer les cochons, qui actuellement sont totalement libres dans la foret. Les indigenes ont finalement decide de ne pas les parquer dans des enclos, mais de cloturer une grande surface pour y mettre les cochons, car pour la chef de la comunaute "enfermer ses cochons, c'est comme l'enfermer elle meme"!

L'association qui leur propose ce projet leur propose aussi de construire un biodigesteur, soit litteralement une machine a pets! Je m'explique, le principe, c'est de melanger des excrements (ceux des cochons en l'occurence) avec de l'eau en milieu anaerobique (sans oxygene donc sans air). C'est alors que des colonies de bacteries se developpent et produisent, a partir de ce ragoutant melange, du biogas (je crois qu'il s'agit de methane) qui peut alimenter une cuisiniere a gas. Si on a un moteur, on peut meme produire de l'electricite avec ce gas. Le principe, c'est que les gens de Jamei Kari puissent tirer un benefice du fait de cloturer leur cochons, car ca demande quand meme de les alimenter ce qui represente plus de travail. Le biodigesteur permet meme d'epurer en grande partie l'eau. Quand elle rentre dans le biodigesteur, elle est chargee en dechets organiques a 100 %, quand elle en sort, elle n'est plus qu'a 20 % et represente un bon engrais pour faire pousser des plantes aquatiques pour les cochons, ce qui ameliore apparemment pas mal la qualite nutritive de la viande apres (moins de graisse trans etc...). Le biodigesteur est facile a monter et demande peu de materiel en plus. Ca me donne presque envie d'elever des cochons tiens!

 





Par Jo
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Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /Août /2008 16:26



J’ai passé une petite semaine sur la côte Caraïbe, histoire de respirer un peu les brumes de l’Atlantique au Sud du Costa Rica. Première destination : Cahuita, qui possède un petit parc naturel qui s’étend le long de l’Océan sur 9 km. Dans les guides de tourisme, cette micro ville est décrite comme l’endroit du Costa Rica qui est le plus impregné de la culture caribéenne afro-américaine. Et ca se voit ! Ici la majorité des gens ont la peau noire et des dreads (pour les mecs), parlent espagnol et anglais, écoutent du reggae et fument de la marijuana, bref ce sont des rastas. Du coup l’ambiance est très décontractée, au rythme du reggae et à l’odeur de la beu (je ne sais pas comment ca s’écrit...). Ce qui est bien là bas c’est qu’il n’y a pas trop de touristes.

Un des ruisseau qui rejoint l'océan. La couleur jaune-marron ne signifie pas que l'eau est sale, mais elle est liée à la présence des "Manzanillo", une espèce d'arbre dont les feuilles (ou les fruits) colorent l'eau de cette façon...

Le parc national de Cahuita est à une centaine de mètres de la rue principale de la petite ville, où j’ai trouvé une « cabina » a 10 $ la nuit. L’ocean est calme, l’eau est claire et chaude, la plage du parc paradisiaque... ce qui me donne envie de plonger avec masque et tuba pour découvrir le récif corallien du parc. Pour 20 $, un guide m’emmène à une cinquantaine de mètre de la plage, où la profondeur de l’eau ne dépasse pas les 3 mètres. Je plonge donc à la découverte des coraux, des petits poissons multicolores et des plus gros. L’eau est claire et c’est vraiment magnifique. Je trouve un banc de poissons argentés, puis d’autres poissons jaunes-blancs-noirs. C’est incroyable de nager au milieu de ces bancs de poissons, il y en a tellement, c’est comme un gros animal ! Une heure et demie plus tard, je remonte dans le bateau, rassasiée par le spectacle de ce monde marin que je connais si peu.


Le lendemain, je décide de traverser le parc de Cahuita en longeant la plage vers le sud, jusqu’à trouver l’endroit idéal pour une baignade qui meublera mon après midi. Puis je rejoins la route principale, quelques km plus au sud pour prendre le bus jusqu’à Puerto Viejo, où je reste jusqu’à le fin de mon séjour. Puerto Viejo est plus grand que Cahuita, plus animé aussi. On y retrouve la même ambiance décontractée et des personnes qui te proposent de la marijuana et parfois de la cocaine comme on demanderait l’heure à chaque coin de rue presque. Il semblerait que la drogue fasse partie du folklore ici. Il y a plus de touristes qu’à Cahuita, souvent des surfeurs qui viennent défier la Salsa Brava, un type de vague célèbre de Puerto Viejo. Pour ma part, je me contente de barboter dans l’océan qui est étonnament calme (je me demande d’ailleurs presque sur quoi surfent les surfeurs !), de flâner à la recherche de nouvelles plages et de coin sympas dans la petite ville. Le soir, il y a plusieurs groupes de musique qui jouent dans les bars où je profite des délicieux cocktails aux fruits frais.


Les occasions de bavarder avec des gens ne manquent pas, d’autant plus que je dors dans un endroit où l’on peut louer des hamacs ou une tente et un coffre fort. Cette grande auberge de jeunesse est peuplée de jeunes attirés par la plage qui n’est qu’à une trentaine de mètres, l’ambiance très ethno et rétro et les 5 $ la nuit. Au détour d’une plage, j’ai même rencontrée Marion, une amie de...Marion (Bigoud) ! Le monde est vraiment petit ! Elle est également en césure, et va rester au parc de Cahuita pendant quelques semaines en tant que volontaire dans les programmes de protection des tortues marines...

Manzanillo

Je profite du dernier jour pour aller encore plus au Sud (je suis presque au Panama !), au refuge de vie sauvage de Manzanillo, qui comme le parc national de Cahuita, s’étend le long de l’océan sur plusieurs kilomètres. C’est encore plus joli, la côte devient plus rocheuse et plus sauvage. On trouve néanmoins tout une série de micro-baies avec du sable et pour la plupart désertes. Ce n’est pas évident pour se baigner car les rochers affleurent sous l’eau, avec leur cortège d'algues et d’oursins mais par endroit on trouve des avancées de sable blanc qui permettent de marcher dans la mer sans trop de problème. Je passe donc mon dernier jour sur la côte caraibe à sillonner les plages et la forêt de Manzanillo.


Si on résume, le sud de la côte caraibe est magnifique, c’est vraiment un coin de paradis pour les touristes. Mais tous les paradis ont leurs enfers : ici, c’est le traffic de drogue, qui divise les jeunes en gangs dont les affrontements font plusieurs dizaines de victimes par an, ce qui est vraiment énorme pour la population là bas. Alors, peace and love, les mecs ?

Par Jo
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Mardi 12 août 2008 2 12 /08 /Août /2008 03:45
Juste quelques mots pour dire que tout va bien mis a part ces p*&^^% de petites mouches qui me piquent tellement. Il faudrait que je prenne une foto de mon dos, c'est assez impressionnant! Bref, pas grand chose de neuf sinon, seulement quelques nouvelles photos(dont la plupart ne sont pas de moi mais d'un copain des gardiens du parc, Oscar de la Cruz).

A bientot pour des nouvelles plus interessantes (je pars quelques jours sur la cote caraibe a Cahuita, ca sera surement plus interessant!)
Par Jo
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /Juil /2008 22:59

Mes premiers jours au Parc Barbilla se sont très bien passés (du 18 juillet au 27), et je n'ai pas écrit depuis si longtemps car je n'ai tout simplement pas accès à internet là-bas, c'est à peine si j'ai l'electricité pour faire tourner mon ordi et bosser!!


Mais commençons par le début. Vendredi 18 : Je pars au parc avec Linda et son mari Christian. La route de Turrialba (la ville où se trouve le CATIE où travaille et vit Linda) à Siquirres est tout à fait correct, on ne met que 1h pour faire les 47 km, ce qui est un record au Costa Rica! Passé Siquirres, il ne reste que 20 km jusqu'au parc, mais ca se corse, car on sort de la grande route pour prendre une petite route de terre qui serpente dans les montagnes et nous amène au hameau Las Brisas de Pacuarito. Le chemin est vraiment chaotique, et n'est pas praticable sans 4 roues motrices d'autant plus que à mesure que l'on s'approche du parc, la proportion de cailloux diminue, et celle d'argile augmente. A vrai dire, conduire sur ce genre de route super gadouilleuse demande beaucoup de technique!

Le panorama est magnifique, on voit par moment la plaine de Limon et l'océan Atlantique au loin. Les maisons de Las Brisas de Pacuarito sont très espacées les unes des autres, ce sont pour la plupart des fermes qui élèvent ces drôles de vaches avec de grandes oreilles tombantes et de grandes cornes, une bosse sur le dos et la peau du cou qui pend beaucoup, et qui sont en fait issues d'un croisement avec des buffles. Ce petit hameau semble assez pauvre, il n'y a pas de lignes électriques, les maisons sont faites en bois, et il n'y a pas de voitures.

Nous arrivons finalement à la station des 3 gardiens du Parc, où une vue magnifique sur les imposantes montagnes boisées du Parc nous attend.

Le bâtiment est mignon, paraît grand et assez confortable. Il est surtout très ouvert avec ses petits couloirs ouverts qui mènent d'une pièce à l'autre, et qui encadrent un joli petit patio. Je fqis connaissance avec Alfredo, l'un des garde qui me montre ma chambre, où il y a un petit lit et une armoire. Elle sent assez le renfermé, n'a pas de lumière ni d'électricité, mais la pièce est claire et propre. Il paraît qu'Alfredo parle tout le temps (ce qui s'avère être plutôt vrai) et est assez fatiguant. Mais il est sympa, même si j'ai du mal à le comprendre car il parle vite et mange ses mots.
Le directeur du Parc, Carlos arrive peu de temps après. Il a une bonne tête, une vraie tête de latino avec sa bedaine bien bombée! Le reste de la journée est consacré à une réunion de travail avec Carlos et Linda. 



Le lendemain, Linda, Christian et  moi allons en cheval à l'école de la communauté Jamei kari, où les représentants des communautés indigènes voisines su parc font une réunion. Ils font partie de l'ethnie des Cabécares et vivent dans la réserve indigène Nairi Awari. La proportion de femme m'étonne beaucoup : elles sont bien plus nombreuses que les hommes (les sociétés cabécares sont matriarchale : traditionnellement ce sont les femmes les chefs!). La plupart sont venues avec leurs enfants qui jouent dehors pendant que nous interviewons les membres de la réunion pour savoir ce qu'ils pensent du parc, leur problèmes socio économiques, culturels et environnementaux. Comme ils ont un projet d'etno tourisme, on leur demande quelques détails sur la façon dont ils pourraient accueillir les touristes, mais ça ne semble pas être encore très clair pour eux. Ils manquent d'argent, les jeunes ont tendance à partir pour les villes mais ils ne semblent pas souffrir de problèmes de drogue ou d'alcoholisme comme c'est souvent le cas des communautés indigènes où il n'y pas de perspectives de travail et d'amélioration.
Ils semblent avoir perdu une assez grande partie de leur traditions d'après ce que nous ont dit les plus anciens.

Ce qui pourrait paraître étonnant pour un pur occidental avec ses fantasmes du "bon sauvage", c'est qu'ils étaient habillés "comme nous" et ne semblaient pas si différents hormis les bottes de rigueur, leur petite taille et leur beaux traits indiens. C'est toujours très intéressants de voir qu'ils ont des différences de par leur culture, mais qu'en même temps nous sommes basiquement tous des êtres humains : où est la frontière entre deux cultures?

Deux volontaires des Etats Unis qui leurs donnaient des cours d'anglais pour parler avec les touristes nous ont aidé à faire notre enquête : Cassie et Nick. Ils sont aussi rentrés avec nous au Parc.

Ce soir-là, nous avons put voir une belle lune dorée au dessus des montagnes : c'était magnifique. 




Dimanche, Linda et Christian sont rentrés chez eux, me laissant au Parc. Je suis allée au Rio Danta, à la limite du Parc avec Cassie et Nick. Ce n'était pas loin, peut-être à un kilomètre. Mais le sentier est horrible : il est extrêmement pentu et totalement couvert d'argile. Ce qui fait que j'ai mis une heure pour remonter à la station du Parc. Le Rio Danta était vraiment très beau et très propre, nous nous sommes un peu baigné et avons profité du soleil assez timide ici.




Lundi Carlos nous a emmené au Rio Barbilla dans le Parc par un sentier de la même trempe que le premier, quoique un peu moins pentu et gadouilleux. Après 3 h de marche et une rencontre avec un grand serpent de type constrictor peu agressif, nous y étions. De l'autre côté de la rivière vit une famille indigène indépendante, un père et ses 4 fils, qui vivent de l'élevage de leur porc et poules et de la culture de fruitiers et de maïs. Normalement, personne n'est sensé habiter dans un parc national au Costa Rica, mais ils font exception car ils sont là depuis bien avant la création du Parc et pratique une agriculture à petite échelle, de subsistance. Nous les avons également interrogés pour notre enquête. Plus tard l'un des fils est venus essayer de pêcher avec Carlos et Nick (on n'a rien pris!) pendant que Cassie et moi nous baignions dans les eaux bleues et potables du Rio Barbilla.

Nous avons campé près de la rivière et sommes rentrés le lendemain au Parc. J'ai plutôt mal dormi car j'étais à même le sol dans la tente et avais froid avec ma petite couverture. Mais ce fut quand même une expédition mémorable.   
 



Jusqu'à ce que je retourne chez Linda dimanche 27, je suis restée à la station du parc à travailler dans le bureau, à recenser les informations présentes sur le parc (qui est peu connu et peu étudié en fait). Je suis allée continuer mon enquête dans la petite communauté proche du parc Tsini kicha. J'ai retrouvé certains de ses membres samedi soir, car nous sommes allés (Carlos, Nick, Cassie, Giovanni le 3ème gardien et moi) à une fête organisée par un voisin pour les 5 ans de son fils. Les fêtes à la costa-ricenne changent un peu des nôtres : les jeunes mâles ne dansent pas et les indigènes se sont assez peu mêlés aux "blancs", même si ils avaient l'air plutôt contents d'être là et de profiter des chicharones (viande de porc grillée, très grasse...mais bonne!!), et de la "chicha" qu'ils avaient amenée (c'est la "bière" des cabécares).
J'ai put danser le meringue (une danse latino très populaire au costa Rica), et même un peu de salsa!

La plupart des hommes ont fini bien émmêchés, et Giovanni, qui nous avait conduit en voiture, n'a pas fait exception à la règle. Quand il est sobre, il bégaie, quand il est bourré, il n'articule pas : c'est une sorte de purée incompréhensible pour un étranger qui sort de sa bouche. Il a quand même conduit jusqu'à la station (vu l'état de la route, il n'y avait pas de grand danger car on ne peut guère rouler à plus de 30 km heure!) Il a quand même "foncé" dans le bord de la route à un moment et s'est trouvé embourbé. Du coup j'ai aidé à pousser la voiture et me suis retrouvée maculée de boue!


Voilà, ca fait déjà pas mal de nouvelles, à dans 10 jours! 





   

Par Jo
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Mercredi 16 juillet 2008 3 16 /07 /Juil /2008 00:19

Nous voilà depuis dimanche soir chez ma maître de stage Linda qui vit avec son mari et un de ses fils au centre du CATIE, près de la ville de Turrialba...Je suis contente de voir que le contact passe très bien tant avec elle qu'avec sa famille, et leur accent et leurs expressions québécois me font parfois bien rire. En québécois par exemple, les toasts sont des "rôtis". Je vais rester chez elle au CATIE jusqu'à vendredi, où nous irons au parc Barbilla. C'est dans le centre d'accueil de ce parc que je vais travailler et habiter la majorité du temps. 

Mon travail consiste pour l'instant à m'approprier quelques documents en espagnol pour en savoir plus sur le parc, sur ce qu'est un plan de gestion d'une aire protegée au Costa Rica, sur ce que sont les forêts modèle etc...Le parc Barbilla est apparemment très sauvage, on y trouve encore le jaguar par exemple. Il est entouré par plusieurs aires protegées et par plusieurs réserves indigènes. Samedi, nous allons rendre visite à une communauté indigène du parc, qui fait partie de l'ethnie Cabécare. Pour celà, nous devrons marcher 2 heures sur un chemin boueux, pentu, et traversé par des ruisseaux. J'ai hâte!

Ce stage semble être vraiment très intéressant, car notamment, il s'agira de mettre pleins d'acteurs en relation, et il semble y avoir un super potentiel pour le développement de l'écotourisme avec les indigènes. Je ne suis pas convaincue que l'éthnotourisme pourra être très poussé car les communautés cabécares ont pas mal oublié leur culture, d'après ce que m'en a dit le mari de ma maître de stage, Christian, même s'ils sont l'une des "nations premières" les plus isolées et traditionnelles de l'Amérique centrale. 

   

Par Jo
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Mercredi 9 juillet 2008 3 09 /07 /Juil /2008 00:10
Voila, on peut resumer en ces 4 mots les 4 journees que nous avons passes sur la peninsule de Nicoya a proximite du parc national Cabo Blanco, apres un long voyage en bus de 7h depuis la capitale. La pluie ne nous a pas epargnes, il est tombe des cordes les 3 premiers jours a partir de 2 heures de l'apres-midi. Heureusement la pluie n'est pas froide, mais permet de raffraichir l'atmosphere qui est assez etouffante. Cet endroit du Costa Rica est magnifique : c'est la forêt tropicale qui plonge dans l'ocean! Et il n'y a pas beaucoup de touristes a part les surfeurs. Les gens y sont tres sympas et souriants. Il y a quand même des contrastes assez violents entre les grandes proprietes et les hotels "de luxe" impecables avec leur belle voiture et les petites baraques des gens les plus pauvres. Mais il ne semble pas y avoir de misère ici.

Il y a pleins de cocotiers et quand on a de la chance, on tombe sur une noix de coco  qui n'a pas ete devoree par les inombrables ecureuils du coin (très mignons et vraiment pas farouches). Il faut alors enlever la preñiere couche filandreuse avec un bon opinel, puis percer la noix et boire !!Apres, il faut l'ouvrir, ce qui se fait tres bien quand on la balance de toutes ses forces contre une pierre...Le probleme c'est qu'elle eclate en pleins de morceaux (et oui, c'est ca d'avoir une grosse brute comme copain ;) 

Bon assz parle de noix de coco, passons aux bestioles. On a vu et surtout entendus (à 4-5 h du mat, ca fait un bon reveil!) les singes hurleurs. Je mettrai d'ici peu une petite video histoire que vous vous rendiez compte a quel point une petite bête peut-être effrayante quand on ne fait que l'entendre!!C'etait genial, ils venaient juste devant notre bungalow...Ils ne sont pas aggressifs, ce sont juste des grandes gueules! Nous avons aussi vu moulte crabes et bernard lermitte pres de la plage du parc que nous avons atteinte apres deux bonnes heures de marche. Et beaucoup de pelicans. Bref, c'etait tres nature.

Ce qui etait le plus etonnant, c'etait le fait que le petit village isole ou nous sommes restes a la fin possedait deux "mini super" et une bibliothèque.Il faut dire que bien qu'il ne soit pas loin des autres villages plus gros (quelques km), il fallait bien compter au moins 30 min pour y aller car les routes sont hypermauvaises!!Il y a des nids de poule enormes et les 7% de pentes maximale francais sont largement depasses. En fait ce sont des chemins de terre qui sont refaits 4-5 fois par an. C'est une belge qui vit dans le coin qui nous a explique cela, comme le fait que l'eau courante soit acheminee par de petits tubes en plastiques enterres a  30 cm dans le sol (du coup il y a regulierement des coupures d'eau de quelques heures à plusieurs jours). "C'est la loi du court terme"!     

      
Par Jo
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Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 21:27


Arrivée avant-hier vers 21h, me voilà à San José, la capitale du Costa Rica...Dans la navette qui m'emmène de l'aérooport à mon hôtel, je fais la connaissance d'une jeune allemande, Tanja, venue ici pour 3 mois faire du volontariat. Pas évident de gérer l'allemand, l'anglais (ça regorge de touristes américains et canadiens ici) et l'espagnol la même journée, surtout après 2 jours de voyage pratiquement sans dormir! Le lendemain on est allées au centre ville pour voir ce que l'on peut faire de nos portables (déblocage + nouvelle carte sim???) pour finalement se résigner à abandonner l'idée : le déblocage des portables est illégal au Costa Rica. On n'a pas put voir grand-chose puisque vers 14h il s'est mis à pleuvoir à flot jusqu'au début de la soirée! En fin d'après midi, J'ai dû dire au revoir à Tanja pour aller à mon deuxième hôtel, l'Hemingway Inn, qui est aussi classé monument national, et étonnamment pas très cher!


(le théâtre nacional)





Aujourd'hui, j'ai passé plus de temps à visiter la capitale. C'est une ville étrange je trouve. Déjà, elle est entourée de montagnes , et est elle-même sur une sorte de petite colline, si bien que par endroit, quand on est vers le sommet, on voit très bien les montagnes et les rues qui descendent vers elles. Les maisons qui datent de l'époque coloniale (souvent converties en hôtel ou restaurant) côtoient les baraques plus récentes qui abritent souvent des petites boutiques. Il y a aussi, par endroit, des bâtiments beaucoup plus modernes, comme la grande banque nationale, ou la cour de justice. Enfin, il y a des petites places et quelques parcs un peu partout. Et pleins de vaches...en plastique! Il y en a vraiment partout, toutes plus farfelues que les autres. J'aimerais en savoir plus sur ces statues étonnantes (il y en a même qui sont suspendues à des arbres!
Les voitures roulent très vite, et il vaut mieux bien regarder avant de traverser. Par endroit, là où il y a moins d'agitation, des hommes dorment à même le trottoir. Je pense qu'il s'agit de SDF. Ce qui est un peu destabilisant, c'est de savoir que ce joli coeur de ville tout propre est entouré de bidon villes. Si l'on ne le sait pas, on ne peut pas s'en douter tant que l' on ne sort pas du centre de San josé.  



Je suis aussi allée ensuite dans un jardin à papillons pour voir un peu de verdure. La dame qui m'a accueilli m'a expliqué que les alentours de San José abritaient de nombreux amphibiens et insectes, et que ce jardin, en reconstituant les ecosystèmes appropriés permettait de maintenir un peu cette biodiversité. C'était en tout cas très joli.

Par Jo
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Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /Juin /2008 19:08

 (chez moi à Glamoooondans)



, dans 3 jours c'est parti ! Au programme, une première journée exténuante de 22 h, et encore, c'est sans compter le trajet Paris-Londres de 8 h en

bus :p :

dimanche 29 juin :
17h03 : départ de besançon en train
arrivée à 18h à Dijon, et départ ver 19h pour arriver à...
20h40 à Paris, puis :
22h : départ en bus pour Londres
6h : arrivée à Londres
11h : je décolle pour Atlanta 
15h30 : arrivée à Atlanta
18h45 : je m'envole (ENFIN) pour le Costa Rica!!! Et j'arrive à 20h39 très exactement!
Tout ça pour préciser que j'ai pt'être tendance à me plaindre un peu, mais quand même ça va être sacrément crevant!

Et pour expliquer aussi le super hotel que j'ai réservé à San José, capitale du Costa Rica : "Aranjuez", hôtel "écologique" (ils utilisent des produits bio ou écolo, font du compost, etc) qui a même un site en français et qui propose le matin un énooorme petit dèj tropical! L'avantage majeur c'est qu'il est situé tout près du centre historique de San José, dont je compte bien découvrir les moindres recoins en attendant mon cher et tendre qui me rejoint mercredi soir... Et après, on va faire nos touristes jusqu'au 14 juillet où je commencerai mon stage.


Mais au fait, pourquoi  pars-je (essayez de le dire, tiens, "pars-je"!) au Costa Rica ?? Non, je n'y vais pas (que) pour admirer ses magnifiques dendrobates hyper venimeuses, mais pour faire le premier stage de mon année de césure, sous la direction de Mme Vaillancourt, éminente ingénieure québecoise envoyée en coopération au CATIE (centre de recherche et d'enseignement en agriculture tropicale) pour la Forêt Modèle Reventazon. Je pense qu'elle sera une maître de stage en OR. Je participerai à "l'élaboration du premier plan de gestion du Parc National Barbilla, et au  développement de l'ethnotourisme (et de l'écotourisme) en concertation avec les populations locales indigènes sises dans l'aire protégée et sa zone d'amortissement". Voilà. Concrètement, je crois que mon travail sera surtout de l'animation entre les différents acteurs, mais à vrai dire, je n'en sais pas grand chose.

Le truc sympa c'est que le parc Barbilla est très isolé, que je logerai dans le petit centre administratif qui gère la zone protégée dans laquelle se trouve le parc, qui se trouve à 1h en voiture du prochain village de "ticos" et à 2h de marche du prochain village indigène. de quoi rendre mon expérience inoubliable :), même si je sais que  l'isolement sera parfois difficile pour moi. Pas grave, je me mettrai à la guitare et à Platon!


J'aimerais aussi faire une petite enquête pour voir comment les costa-ricains perçoivent le tourisme, l'écotourisme et l'ethnotourisme, car s' ils ont beaucoup d'avantages, ça me met mal à l'aise de me dire que le Costa rica vit à 70% du tourisme. Ca me fait penser à ces villages français pittoresques qui sont presque entièrement rachetés par des anglais et qui sont complètement morts en basse saison. Un pays qui vivrait à 100% du tourisme serait-il un pays mort ? Aurait-il encore son identité, son "authenticité" ou son "âme" ? pourrait-on même le qualifier de pays ?? Bref, j'espère que mon séjour me permettra à moi et à vous d'éclaircir ces questions... 
  

 

 

Par Jo
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